Comment maîtriser le budget impression de votre entreprise ?

Le budget impression d'une entreprise ne se limite pas aux achats de papier et de cartouches. Il comprend aussi le matériel, la maintenance, l'énergie, les logiciels, les stocks de consommables et le temps consacré aux incidents. Pour le maîtriser, vous devez d'abord calculer le coût complet de votre parc, puis agir sur les équipements et les usages qui génèrent des dépenses évitables.

Je déconseille donc de comparer deux solutions à partir du seul prix d'achat des imprimantes. Une machine peu chère, mais coûteuse à alimenter ou régulièrement en panne, peut revenir plus cher qu'un équipement mieux adapté au volume réellement produit.

Combien coûte réellement l'impression en entreprise ?

Le coût visible comprend l'achat ou la location des imprimantes et photocopieurs, les toners, les cartouches, le papier et les contrats de maintenance. Ces montants sont relativement simples à retrouver dans la comptabilité, à condition de regrouper les factures qui peuvent provenir de plusieurs fournisseurs.

D'autres dépenses restent plus difficiles à repérer. Un collaborateur qui attend une intervention, recherche un consommable ou relance plusieurs fois un document mobilise du temps de travail. Un stock de cartouches devenu incompatible après le remplacement d'une machine constitue également une perte. Il en va de même pour les imprimantes individuelles peu utilisées, qui multiplient les références de consommables et les opérations de maintenance.

Le suréquipement est fréquent dans les parcs construits progressivement. Une imprimante est installée pour répondre à un besoin ponctuel, puis elle reste en place alors que l'organisation change. Au bout de quelques années, l'entreprise entretient plusieurs appareils de générations différentes sans savoir lesquels sont indispensables.

Qu'est-ce que le coût total d'impression ?

Le coût total d'impression additionne toutes les dépenses supportées pendant la durée d'utilisation du matériel. Cette méthode, également appelée coût total de possession ou TCO pour Total Cost of Ownership, dépasse donc le prix affiché au moment de l'achat.

Le calcul doit intégrer le matériel, son financement éventuel, les consommables, le papier, l'énergie, la maintenance, les pièces d'usure, les logiciels de gestion et le temps d'administration. Si un contrat prévoit des frais de livraison, un minimum de facturation ou une indemnité de sortie, ces montants doivent aussi être comptabilisés.

Pour obtenir un coût moyen par page, additionnez les dépenses annuelles liées au parc, puis divisez ce total par le nombre de pages réellement imprimées pendant la même période. Distinguez le noir et blanc de la couleur : les deux usages n'ont généralement ni le même tarif ni la même consommation de toner.

Exemple de calcul : si le parc coûte 9 000 euros par an et produit 180 000 pages, son coût moyen est de 0,05 euro par page. Ce résultat reste une moyenne : il faut encore séparer la couleur du noir et blanc pour comparer correctement les équipements ou les contrats.

Comment mesurer son budget impression avant de le réduire ?

Commencez par relever les compteurs de chaque appareil sur une période représentative. Une analyse limitée à quelques journées risque d'être trompeuse si votre activité varie selon les mois. Les factures, les interfaces d'administration et les relevés fournis par le prestataire permettent généralement de reconstituer les volumes.

L'inventaire doit indiquer le modèle, l'âge, l'emplacement, le nombre d'utilisateurs, les volumes en noir et blanc et en couleur, le coût des consommables, les pannes et le contrat associé. Cette cartographie permet de repérer les machines sous-utilisées, celles qui supportent une charge excessive et les appareils dont le coût par page est anormalement élevé.

L'impression numérique reste utile dans de nombreuses activités, mais ses dépenses doivent être suivies comme celles des autres équipements informatiques. Une machine installée près d'un service n'est pas nécessairement rentable si un multifonction partagé peut répondre au même besoin dans de bonnes conditions.

Que doit vérifier un audit du parc d'impression ?

Un audit doit vérifier les équipements et les usages. Se contenter de compter les machines ne suffit pas : deux appareils identiques peuvent avoir des volumes, des taux de panne et des coûts très différents.

  • Le nombre de pages imprimées par appareil, en distinguant la couleur du noir et blanc.
  • Le prix des consommables rapporté à leur rendement réel dans l'entreprise.
  • Les coûts de maintenance, les incidents et le temps d'indisponibilité.
  • La présence d'appareils redondants, anciens ou rarement utilisés.
  • Les impressions abandonnées, relancées ou produites dans un format inadapté.
  • Les clauses, durées et échéances des contrats attachés aux équipements.

L'audit peut être réalisé en interne si les compteurs et les factures sont accessibles. Un prestataire devient utile lorsque le parc est important, réparti sur plusieurs sites ou couvert par différents contrats. Dans ce cas, demandez-lui de présenter ses calculs et ses hypothèses afin de pouvoir vérifier ses recommandations.

Comment réduire ses coûts d'impression sans gêner le travail ?

Une réduction efficace ne consiste pas à interdire les impressions nécessaires. Elle vise à supprimer les doublons, à orienter les travaux vers la machine appropriée et à éviter que la couleur ou le recto simple soient utilisés par défaut sans justification.

Les paramètres des pilotes d'impression constituent un premier levier. Le noir et blanc peut devenir le réglage habituel, tandis que la couleur reste disponible pour les documents qui en ont réellement besoin. Le recto verso réduit la consommation de papier lorsque la présentation et l'usage du document le permettent.

L'ADEME recommande notamment de sélectionner uniquement les documents indispensables, de configurer les appareils en recto verso et d'imprimer deux pages sur une feuille. Ces mesures sont simples, mais elles doivent rester compatibles avec la lisibilité, les obligations de conservation et les besoins des personnes qui utilisent les documents.

Des règles adaptées aux usages de chaque service

Une politique uniforme peut créer des difficultés. La comptabilité, l'accueil, le bureau d'études et le service commercial n'impriment ni les mêmes documents ni dans les mêmes volumes. Les règles doivent donc être définies selon les usages réels.

Il est possible, par exemple, de réserver les impressions couleur aux supports remis aux clients, de diriger les gros volumes vers un appareil dont le coût par page est plus faible et d'utiliser le mode brouillon pour certains documents internes. L'objectif n'est pas de surveiller chaque salarié, mais de limiter les réglages coûteux utilisés par habitude.

À quoi sert un logiciel de gestion des impressions ?

Un logiciel de gestion centralise les règles et les données du parc. Selon la solution retenue, il peut suivre les volumes par appareil ou par service, appliquer le recto verso, limiter certains formats, répartir les travaux et demander une authentification avant la sortie du document.

Cette authentification, parfois appelée impression sécurisée ou impression à la demande, évite que des documents soient laissés sur le bac de sortie. Elle protège aussi les informations confidentielles, car le document n'est produit que lorsque son utilisateur se présente devant l'appareil.

Le logiciel a néanmoins un coût de licence, de déploiement et d'administration. Il est rarement justifié pour une petite structure équipée d'une seule imprimante. Il devient plus pertinent lorsque plusieurs services utilisent un parc partagé, que les volumes sont élevés ou que la confidentialité des documents impose un contrôle des sorties.

Une politique d'impression comprise par les équipes

Les règles doivent être courtes, accessibles et expliquées. Si elles compliquent excessivement le travail, les collaborateurs chercheront à les contourner ou multiplieront les demandes au support informatique.

Avant de fixer un quota, observez les volumes normaux de chaque métier. Une limite arbitraire peut bloquer un service qui produit légitimement davantage de documents qu'un autre. Prévoyez aussi une procédure permettant d'autoriser ponctuellement un volume ou un format particulier.

Point de vigilance : un parc réduit à l'excès peut devenir un point de blocage. Si tous les collaborateurs dépendent d'un seul appareil, sa panne ou sa saturation risque d'interrompre une partie de l'activité. La rationalisation doit donc tenir compte de la continuité du service.

Faut-il acheter ses imprimantes ou passer par un contrat ?

Le choix dépend du volume, de la stabilité des besoins, des compétences disponibles en interne et du niveau de prévisibilité recherché. L'achat donne davantage de liberté, mais laisse à l'entreprise la responsabilité de la maintenance, des consommables et du renouvellement. La location ou le contrat au coût par page transforme une partie de ces dépenses en charges régulières.

Faut-il acheter ou choisir un contrat au coût par page ?

L'achat convient généralement à un petit parc stable dont le volume reste modéré et prévisible. Un contrat au coût par page peut être plus adapté à un parc important lorsque l'entreprise souhaite inclure la maintenance et l'approvisionnement en consommables. Aucun modèle n'est systématiquement moins cher : seule une comparaison sur la durée permet de trancher.

Pour un contrat au coût par page, vérifiez la méthode de relevé des compteurs, le tarif du noir et blanc, celui de la couleur, le volume minimal facturé et le prix des dépassements. Demandez également si le papier, les pièces d'usure, les déplacements, les interventions hors horaires et le remplacement temporaire d'une machine sont inclus.

La durée d'engagement mérite une attention particulière. Un contrat peut devenir coûteux si les effectifs diminuent ou si la dématérialisation réduit fortement les volumes. Examinez les conditions de résiliation anticipée, de renouvellement, de restitution du matériel et de transfert du contrat en cas de déménagement.

Un service impression peut prendre en charge l'audit, la maintenance et le suivi du parc. Demandez toutefois des indicateurs vérifiables plutôt qu'une promesse générale d'économies : volumes par appareil, coût par page, disponibilité, délais d'intervention et dépenses exclues du forfait.

Par où commencer pour reprendre le contrôle du budget ?

Relevez les compteurs de toutes les machines, puis rassemblez douze mois de factures liées au matériel, aux consommables, au papier, à la maintenance et aux logiciels. Vous disposerez ainsi d'une base suffisamment complète pour calculer le coût annuel et le coût moyen par page.

Classez ensuite les appareils selon leur volume et leur coût. Vous pourrez supprimer une machine redondante, déplacer un équipement sous-utilisé, remplacer un modèle devenu trop coûteux ou simplement corriger ses réglages. Les décisions les plus efficaces apparaissent souvent dans les écarts entre les appareils plutôt que dans le total global.

Pour les tirages externes importants, l'imprimerie offset peut être plus économique que l'impression numérique, mais le seuil dépend du format, du papier, du nombre de couleurs, du façonnage et du prestataire. Comparez des devis établis sur des caractéristiques strictement identiques.

La numérisation avec un scanner document peut aussi éviter certaines reproductions et faciliter le partage. Elle ne dispense toutefois pas de prévoir un classement, des droits d'accès, une sauvegarde et des durées de conservation adaptées aux documents concernés.

Avant de renouveler le parc, demandez un tableau présentant, pour chaque scénario, le coût total sur toute la durée d'engagement. Une économie annoncée n'est crédible que si ce calcul intègre le financement, les volumes minimaux, la maintenance, les consommables, les dépassements et les frais de sortie.


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