Comment protéger votre entreprise contre le spam email ?

Le spam email ne se résume pas aux messages publicitaires qui encombrent une boîte de réception. Certains courriels non sollicités cherchent à voler des identifiants, à détourner un paiement ou à faire ouvrir une pièce jointe malveillante. Pour une entreprise, le risque ne vient donc pas seulement du nombre de messages reçus. Il vient surtout du courriel suffisamment crédible pour tromper un collaborateur.

Un filtre anti-spam réduit fortement le volume de messages indésirables, mais il ne suffit pas à lui seul. La protection repose sur plusieurs mesures complémentaires : un filtrage centralisé, une configuration correcte de la messagerie, l'authentification renforcée des comptes et une procédure connue de tous en cas de message suspect.

Que signifie un spam email ?

Un spam email, aussi appelé pourriel ou courrier indésirable, est un message électronique non sollicité, généralement envoyé à un grand nombre de destinataires. Il peut s'agir d'une publicité, d'une sollicitation commerciale ou d'un message diffusé dans un but malveillant. Cette définition est notamment celle retenue par Cybermalveillance.gouv.fr dans sa fiche consacrée au spam électronique.

La présence d'un message dans le dossier « Indésirables » ne permet cependant pas d'en déduire automatiquement sa nature. Un courriel légitime peut être classé à tort, tandis qu'un message frauduleux peut franchir le filtre et apparaître dans la boîte principale. Les utilisateurs doivent donc pouvoir consulter les messages mis en quarantaine sans avoir la possibilité de libérer sans contrôle une pièce jointe manifestement dangereuse.

Quelle est la différence entre un spam et un e-mail de phishing ?

Le spam est défini par son caractère non sollicité, souvent associé à un envoi massif. Le phishing, ou hameçonnage, est une technique frauduleuse destinée à pousser une personne à communiquer des informations sensibles, à ouvrir un fichier ou à se connecter sur un faux site.

Un message de phishing peut être diffusé en masse, mais il peut aussi cibler précisément une personne. Dans ce second cas, on parle souvent de hameçonnage ciblé. Le fraudeur peut, par exemple, se faire passer pour un dirigeant, un fournisseur ou un service administratif afin d'obtenir un virement ou des identifiants. L'hameçonnage peut également passer par un SMS, une messagerie instantanée ou un appel. Il ne constitue donc pas toujours un spam email.

L'ANSSI recommande de protéger spécifiquement la messagerie électronique et rappelle que l'hameçonnage repose sur l'usurpation de l'identité d'un organisme connu ou d'un proche.

À quoi sert un anti-spam et comment fonctionne-t-il ?

Un anti-spam analyse les courriels entrants afin de détecter ceux qui présentent les caractéristiques d'un message indésirable ou dangereux. Selon le résultat, le message est accepté, déplacé en quarantaine, marqué comme suspect ou bloqué.

Ce filtrage renforce l'entreprise cybersécurité, mais il ne remplace ni l'antivirus, ni la protection des comptes, ni les sauvegardes. Il ne faut pas davantage lui attribuer une efficacité absolue : les techniques d'usurpation évoluent et certains messages ciblés contiennent peu d'éléments immédiatement suspects.

Comment fonctionne un filtre anti-spam ?

Un filtre anti-spam attribue généralement un niveau de risque à chaque message. Il examine notamment l'expéditeur, les serveurs utilisés pour transmettre le courriel, le contenu, les liens, les pièces jointes et les éventuels signalements déjà associés à la campagne.

Une solution professionnelle peut aussi vérifier les mécanismes d'authentification du domaine expéditeur. SPF indique quels serveurs sont autorisés à envoyer des messages pour un domaine. DKIM ajoute une signature permettant de contrôler qu'un message n'a pas été modifié. DMARC définit la manière de traiter les messages qui échouent à ces contrôles et fournit des rapports à l'organisation propriétaire du domaine.

Ces mécanismes réduisent certaines formes d'usurpation, mais ils ne prouvent pas que le contenu d'un message est honnête. Un fraudeur peut utiliser son propre domaine correctement configuré ou compromettre la boîte d'un véritable fournisseur.

Les bénéfices concrets du filtrage

Un filtrage correctement réglé diminue le temps consacré au tri des courriels et limite l'exposition des collaborateurs aux messages malveillants. Il contribue ainsi à protéger chaque donnée informatique accessible depuis la messagerie ou depuis un compte compromis.

Le bénéfice dépend toutefois de la qualité de l'administration. Un filtre excessivement strict peut bloquer des devis, des commandes ou des factures légitimes. À l'inverse, une configuration trop permissive donne un faux sentiment de sécurité. Il faut donc suivre les messages mis en quarantaine, ajuster les règles et vérifier les faux positifs signalés par les utilisateurs.

À retenir : l'anti-spam réduit le nombre de messages dangereux présentés aux collaborateurs. Il ne peut pas garantir qu'aucun courriel frauduleux n'atteindra leur boîte de réception.

Quels sont les risques des spams en entreprise ?

Le risque le plus visible est la perte de temps. Lorsque les messages indésirables arrivent en nombre, les collaborateurs doivent les trier et peuvent supprimer par erreur un véritable courriel. Ce problème devient plus sérieux lorsque la messagerie sert à recevoir des commandes, des demandes de devis ou des documents contractuels.

Les messages malveillants peuvent provoquer des conséquences beaucoup plus lourdes. Une fausse page de connexion peut permettre le vol d'un mot de passe. Une pièce jointe peut tenter d'installer un logiciel malveillant. Un message imitant un fournisseur peut conduire à modifier frauduleusement un relevé d'identité bancaire. Un compte compromis peut ensuite servir à envoyer des courriels crédibles aux clients ou aux salariés de l'entreprise.

La consultation sur téléphone mérite la même attention. L'adresse complète d'un expéditeur et la destination réelle d'un lien y sont parfois moins visibles. La sécurité mobile doit donc être intégrée aux règles de protection de la messagerie.

Un anti-spam peut-il arrêter un rançongiciel ?

Un anti-spam peut bloquer le courriel utilisé pour diffuser un rançongiciel, notamment lorsqu'il détecte une pièce jointe ou un lien dangereux. Il ne constitue toutefois pas une protection complète contre ce type d'attaque.

Le rançongiciel est un logiciel malveillant, et non une catégorie de spam. Il peut entrer par une messagerie, mais aussi par un compte distant compromis, une vulnérabilité non corrigée ou un autre accès au système d'information. Sa prévention nécessite donc des mises à jour, une protection des postes, des droits limités et des sauvegardes dont la restauration est régulièrement testée.

Quels sont les différents spams par email ?

Il est plus juste de distinguer les messages selon leur objectif que de classer chaque menace comme une forme de spam.

Type de message Objectif recherché Point de vigilance
Publicité non sollicitée Promouvoir un produit ou générer du trafic Prévoir un signalement et une gestion des désabonnements légitimes
Hameçonnage Voler des identifiants, des données personnelles ou des informations bancaires Contrôler l'adresse, le domaine et la destination réelle du lien
Fraude au faux fournisseur ou au faux dirigeant Obtenir un paiement ou faire modifier des coordonnées bancaires Confirmer toute demande inhabituelle par un autre canal
Courriel avec pièce jointe malveillante Faire exécuter un programme ou exploiter une vulnérabilité Ne pas ouvrir un fichier inattendu sans vérification
Message contenant un lien malveillant Rediriger vers une fausse page ou provoquer un téléchargement Vérifier le domaine sans utiliser directement le lien reçu

Le niveau de danger ne dépend pas seulement de la forme du message. Une publicité mal classée reste principalement une nuisance, tandis qu'une demande de changement de coordonnées bancaires peut provoquer une perte financière immédiate. Le contexte, l'identité usurpée et l'action demandée doivent entrer dans l'analyse.

Comment se protéger efficacement du spam ?

Une protection efficace associe des moyens techniques à une organisation simple. Les collaborateurs doivent savoir comment signaler un message et qui prévenir après une erreur. Une procédure trop complexe risque de les inciter à supprimer le courriel sans alerter l'équipe informatique.

Faut-il choisir un anti-spam local ou un filtrage centralisé ?

Un filtrage centralisé est généralement plus facile à administrer dans une PME. Les règles, les mises à jour et les quarantaines sont gérées pour l'ensemble des comptes, au lieu de dépendre de la configuration de chaque ordinateur.

Le filtre peut être intégré au service de messagerie, fourni par une passerelle spécialisée ou administré dans le cadre d'un contrat d'infogérance. Le choix dépend du nombre de boîtes, de la solution de messagerie, des compétences internes et du niveau d'assistance attendu.

Avant de signer, vérifiez qui traite les faux positifs, combien de temps les messages restent en quarantaine, comment les utilisateurs les récupèrent et quelles opérations sont facturées en supplément. Il faut également savoir où consulter les journaux et comment récupérer les paramètres si vous changez de prestataire.

Les règles à appliquer au quotidien

Les consignes doivent être courtes, connues des salariés et testées lors d'exercices simples :

  • ne pas répondre à un message suspect et ne pas utiliser ses liens ou ses pièces jointes ;
  • contrôler les demandes inhabituelles de paiement ou de changement de coordonnées par un autre moyen de communication ;
  • signaler le message depuis la messagerie et prévenir le responsable informatique en cas de clic ;
  • utiliser des mots de passe distincts et activer l'authentification multifacteur lorsque le service le permet ;
  • maintenir les postes, les navigateurs et les logiciels de messagerie à jour.

La CNIL recommande de ne pas répondre aux spams et de ne pas ouvrir leurs liens ou leurs pièces jointes. Elle oriente également les utilisateurs vers Signal Spam pour leur signalement.

Une connexion vpn peut chiffrer les communications entre un appareil distant et le réseau de l'entreprise. Elle ne détecte cependant pas le caractère frauduleux d'un courriel et ne remplace pas un filtre anti-spam. Son rôle doit rester clairement séparé de celui de la protection de la messagerie.

Que faire si un collaborateur a cliqué sur un lien suspect ?

Il faut prévenir immédiatement le responsable informatique ou le prestataire, même si rien d'anormal ne s'affiche. La réponse dépend ensuite de l'action réellement effectuée.

Si aucune information n'a été saisie et qu'aucun fichier n'a été téléchargé, il faut fermer la page et transmettre le message pour analyse. Si un mot de passe a été communiqué, celui-ci doit être changé sans délai depuis un appareil considéré comme sain. Les autres comptes utilisant le même mot de passe doivent également être sécurisés et les sessions actives révoquées lorsque cette fonction existe.

Si une pièce jointe a été ouverte, qu'un programme a été lancé ou que l'appareil présente un comportement inhabituel, il peut être nécessaire de le déconnecter du réseau sans l'éteindre, puis de laisser le prestataire examiner la situation. Les journaux, le message d'origine et les heures des actions doivent être conservés. La fiche réflexe de Cybermalveillance.gouv.fr sur l'hameçonnage détaille les démarches adaptées selon les informations communiquées et le préjudice subi.

Point clé pour la décision : un salarié qui signale rapidement son erreur permet souvent de limiter les conséquences. La procédure interne doit encourager cette remontée immédiate, sans recherche de faute.

Combien coûte une solution anti-spam pour une PME ?

Le coût dépend du nombre de boîtes, du service de messagerie et des fonctions incluses. Certaines offres intègrent le filtrage dans la licence de messagerie. D'autres le facturent séparément par utilisateur, par domaine ou selon le volume traité.

Le prix affiché ne suffit pas pour comparer deux solutions. Demandez si le tarif comprend le paramétrage initial, la migration, l'administration des quarantaines, l'analyse des messages signalés, l'assistance aux utilisateurs et la production de rapports. Vérifiez également les conditions d'engagement et de sortie.

Une entreprise très dépendante de sa messagerie peut avoir besoin d'une continuité de service ou d'un système permettant de consulter les courriels pendant une panne du fournisseur principal. Cette fonction augmente le coût, mais elle répond à un besoin différent du simple blocage des spams.

Par où commencer concrètement ?

Commencez par vérifier la configuration actuelle de votre messagerie. Identifiez le service qui filtre les messages, la personne qui administre les quarantaines et la procédure suivie lorsqu'un collaborateur signale un courriel. Contrôlez ensuite l'activation de SPF, DKIM et DMARC sur vos propres domaines.

Demandez également à votre prestataire un rapport simple : nombre de messages bloqués, faux positifs signalés, règles particulières et comptes les plus exposés. Ces informations permettront de savoir si votre dispositif est réellement administré ou s'il fonctionne encore avec ses réglages par défaut.

Le dernier contrôle concerne les utilisateurs. Chaque collaborateur doit savoir reconnaître une demande inhabituelle, signaler le courriel et réagir après un clic. Un bon filtre traite le volume. Une procédure claire permet de gérer le message qui passe malgré tout.


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